Ça ne figure pas dans la météo du peloton, mais deux Australiens viennent de changer la donne au sein de l’équipe Emirates. Mercredi, la formation des Émirats Arabes Unis a frappé un grand coup en recrutant deux figures bien connues du World Tour : Allan Peiper et Neil Stephens. La direction ne ménage pas ses mots : ces arrivées promettent d’insuffler une nouvelle dynamique à l’encadrement.
Les deux hommes, anciens coureurs reconvertis, connaissent le cyclisme sur le bout des doigts. Allan Peiper, né en 1960, a quitté les routes pour passer derrière la voiture suiveuse dès 2005, entamant une carrière de manager avec Davitamon-Lotto. Son parcours l’a ensuite mené chez High Road, Columbia-HTC, puis Garmin, avant de s’imposer comme l’un des piliers de l’organisation BMC. Un homme de l’ombre, mais dont la patte se lit dans les résultats de ses équipes.
Neil Stephens, de son côté, a marqué la structure GreenEdge de son empreinte dès 2012. Ce projet, qui deviendra Mitchelton-Scott, lui doit beaucoup. L’an dernier, il a choisi de lever le pied, mais son expérience reste une référence dans le milieu. Avant cela, il avait déjà apporté sa touche à Liberty Seguros et à la Caisse d’Epargne, après un long passage au Pays Basque.
Les deux Australiens ne débarquent pas seuls. Le staff technique, dirigé par Joxean Fernández Matxín, s’appuie désormais sur une base renouvelée, accompagnée de nombreux renforts venus étoffer l’effectif sportif. Parmi les nouvelles têtes, on retrouve des noms qui font déjà frémir la concurrence :
- Fernando Gaviria, transfuge de QuickStep, sprinteur capable de bouleverser un final de course
- Sebastián Molano, pépite venue de Manzana Postobón
- Sergio Henao, baroudeur chevronné en provenance de Team Sky
- Cristian Camilo Muñoz, fraîchement auréolé de sa victoire sur le Tour de l’Avenir
La liste ne s’arrête pas là. S’ajoutent Tadej Pogaçar, jeune espoir slovène, Jasper Philipsen (Hagens Berman-Axeon), Tom Bohli (ex-BMC), Alessandro Covi, ainsi que les frères portugais Rui et Ivo Oliveira. Un vrai casting de talents, bien décidés à faire parler d’eux dès la prochaine saison.
En coulisses, l’équipe Emirates ne cache pas ses ambitions. Ce remaniement profond, entre staff aguerri et nouveaux venus sur le vélo, annonce une campagne 2019 où chaque étape risque d’être disputée avec une intensité décuplée.
Le signal est clair : la Caisse d’Epargne, autrefois passée entre les mains de ces techniciens, n’est plus la seule à pouvoir compter sur leur savoir-faire. Les Émirats misent sur la science du détail et l’expérience accumulée pour bousculer l’ordre établi. Reste à voir si ce pari audacieux se traduira, dès les premiers coups de pédale, par des résultats à la hauteur de ces recrutements XXL.


